Garcimore, 18 ans déja !
Cela fait dix-huit ans, jour pour jour. Le magicien José Garcimore quittait son monde fait de magie et de tours pas si ratés que cela. Il habitait à 20 km de Chartres.

Peu de gens, de son vivant, savaient que José Garcimore habitait près de Chartres. Pendant une trentaine d’années. À vingt kilomètres vers l’Est, au Gué-de-Longroi précisément. Une jolie maison de maître, avec son petit parc ombragé. Et, surtout, son immense sous-sol. L’atelier de José Garcia Moreno, son véritable nom, où il préparait tous ses tours… ou faux tours ! Il y avait ses costumes, ses objets. Son monde.

C’est le mardi 18 avril 2000, en descendant les marches qui mènent à cet atelier magique que José Garcimore a soudain été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Il tombe. Sa chute lui cause une fracture du crâne. « Cha m’énerfe ! », aurait-il pu s’exclamer.

Ses obsèques, en l’église de Gallardon sont suivies par de nombreux admirateurs. Parmi les amis et la famille, on y croise, bien entendu, sa complice à la télévision, Denise Fabre, dans Restez donc avec nous. Aujourd’hui, depuis la mairie de Nice (Alpes-Maritimes), où elle est adjointe, elle se souvient d’une des très nombreuses fois où il a joué de son accent hispanique pour lui faire comprendre le contraire : « Il me disait « tousse », alors je toussais ! Et il me regardait avec ses yeux malins et me disait « Non ! Tousse là ! En fait, c’était « touche », pour faire son numéro… Il était, aussi, un grand magicien comique. »

Lors des obsèques, au cimetière cette fois, de hauts gradés de la gendarmerie sont également présents. Il faut dire que pour Noël et les enfants de gendarmes, José Garcimore répondait toujours présent. Mais lorsque l’on enterre un artiste, il est une tradition : les applaudissements, qui battent à un rythme de plus en plus rapide afin de finir en tonnerre. Les officiers s’interrogent, se regardent, ne sachant que faire jusqu’à ce qu’un de leur voisin leur dise de faire pareil. Alors, eux aussi, applaudiront, à tout rompre.

3729239

Garcimore commence comme musicien militaire. Mais un musicien qui faisait rire ses camarades. En privé, pourtant, il joue, merveilleusement bien du piano, chez lui, dans le salon, ou de la trompette, dans son sous-sol. Il percera à Paris grâce à Jacques Canetti. Le découvreur de Brel et de Brassens, ne s’y était pas trompé. Derrière le petit Espagnol, « décontrasté », magicien manipulateur, se révélait un grand et véritable artiste.

Un artiste épris de ses animaux collaborateurs. Ses souris, Tac et Tac-Tac. Sa fidèle chienne Dolly. Tous étaient auprès de lui, au Gué-de-Longroi. Dolly dans le parc ou dans sa niche, parfois dans sa maison, à suivre son maître, ou dans la cuisine, à guetter Sophia, l’épouse de José Garcimore et cousine du comédien Omar Sharif.

Ses animaux, il les aimait : « Sans eux, la moitié de mes numéros seraient inexécutables, même s’ils ne savent pas toujours ce que je veux leur faire faire… Quand Tac et Tac-Tac grimpent le long d’une cordelette, c’est par instinct, uniquement… »

Car c’était aussi cela, José Garcimore, un plaisantin, un comique, qui faisait de la magie. Mais cette magie, il ne la prenait pas trop au sérieux, au point qu’il la démontait un peu.

Un article de Philippe Rousseau pour L’Echo Republicain

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Gautier Corgne

Etudiant en Maths Spé et attiré par l'aéronautique, je suis aussi passionné de magie. Blogger dans le domaine depuis 2012, j'ai tout quitté pour partager avec vous l'aventure Jmag !

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Cela fait dix-huit ans, jour pour jour. Le magicien José Garcimore quittait son monde fait de magie et de tours pas si ratés que cela. Il habitait à 20 km de Chartres.

Peu de gens, de son vivant, savaient que José Garcimore habitait près de Chartres. Pendant une trentaine d’années. À vingt kilomètres vers l’Est, au Gué-de-Longroi précisément. Une jolie maison de maître, avec son petit parc ombragé. Et, surtout, son immense sous-sol. L’atelier de José Garcia Moreno, son véritable nom, où il préparait tous ses tours… ou faux tours ! Il y avait ses costumes, ses objets. Son monde.

C’est le mardi 18 avril 2000, en descendant les marches qui mènent à cet atelier magique que José Garcimore a soudain été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Il tombe. Sa chute lui cause une fracture du crâne. « Cha m’énerfe ! », aurait-il pu s’exclamer.

Ses obsèques, en l’église de Gallardon sont suivies par de nombreux admirateurs. Parmi les amis et la famille, on y croise, bien entendu, sa complice à la télévision, Denise Fabre, dans Restez donc avec nous. Aujourd’hui, depuis la mairie de Nice (Alpes-Maritimes), où elle est adjointe, elle se souvient d’une des très nombreuses fois où il a joué de son accent hispanique pour lui faire comprendre le contraire : « Il me disait « tousse », alors je toussais ! Et il me regardait avec ses yeux malins et me disait « Non ! Tousse là ! En fait, c’était « touche », pour faire son numéro… Il était, aussi, un grand magicien comique. »

Lors des obsèques, au cimetière cette fois, de hauts gradés de la gendarmerie sont également présents. Il faut dire que pour Noël et les enfants de gendarmes, José Garcimore répondait toujours présent. Mais lorsque l’on enterre un artiste, il est une tradition : les applaudissements, qui battent à un rythme de plus en plus rapide afin de finir en tonnerre. Les officiers s’interrogent, se regardent, ne sachant que faire jusqu’à ce qu’un de leur voisin leur dise de faire pareil. Alors, eux aussi, applaudiront, à tout rompre.

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Garcimore commence comme musicien militaire. Mais un musicien qui faisait rire ses camarades. En privé, pourtant, il joue, merveilleusement bien du piano, chez lui, dans le salon, ou de la trompette, dans son sous-sol. Il percera à Paris grâce à Jacques Canetti. Le découvreur de Brel et de Brassens, ne s’y était pas trompé. Derrière le petit Espagnol, « décontrasté », magicien manipulateur, se révélait un grand et véritable artiste.

Un artiste épris de ses animaux collaborateurs. Ses souris, Tac et Tac-Tac. Sa fidèle chienne Dolly. Tous étaient auprès de lui, au Gué-de-Longroi. Dolly dans le parc ou dans sa niche, parfois dans sa maison, à suivre son maître, ou dans la cuisine, à guetter Sophia, l’épouse de José Garcimore et cousine du comédien Omar Sharif.

Ses animaux, il les aimait : « Sans eux, la moitié de mes numéros seraient inexécutables, même s’ils ne savent pas toujours ce que je veux leur faire faire… Quand Tac et Tac-Tac grimpent le long d’une cordelette, c’est par instinct, uniquement… »

Car c’était aussi cela, José Garcimore, un plaisantin, un comique, qui faisait de la magie. Mais cette magie, il ne la prenait pas trop au sérieux, au point qu’il la démontait un peu.

Un article de Philippe Rousseau pour L’Echo Republicain

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